145. Samson

 Parmi les personnages bibliques, Samson occupe une place à part. Les quelques pages de la Bible qui lui sont consacrées (Juges 13-16) ne manquent pas d’étonner et même de dégager un parfum de scandale. Omniprésence de la sexualité et fascination de la violence, le tout entremêlé de fanatisme religieux, donnent à ce vieux récit une surprenante modernité. 

On le voit fréquenter une prostituée et des femmes étrangères, user d’une violence sans mesure dans ses revanches sur les Philistins et sacrifier s a propre vie dans l’espoir de tuer autant de monde que possible. Même si le comportement de Samson est peu conforme aux dix commandements de Dieu, le livre des Juges n’en relate pas moins sa naissance merveilleuse et les occasions où il invoqua et pria Dieu, surtout au moment de sa mort. Sa vie est un beau mélange de sexe, de violence et de religion ! Ou, pourrait-on dire, un ensemble de trois F : femme, force et foi ! 

C’est bien pourquoi Samson continue de parler à notre imagination. Ce mélange dans la vie de Samson intrigue inévitablement les lecteurs puisque ces trois aspects font partie de la vie humaine. Les lecteurs condamnent peut-être ces abus concernant le sexe et la violence, mais, en même temps, ils y prennent souvent un plaisir secret…

Partons à sa (re)découverte… même si elle a un parfum de scandale.


CONTENU

I. LA NAISANCE DE SAMSON (Jg 13)
Le contexte
La description d’une crise
Les Philistins
Enfin, « le » juge, le vrai sauveur
Introduction : la femme est stérile
Manoha
Sa femme
Parmi les autres femmes stériles de l’A.T.
La tentation du culte de la fertilité
Deux apparitions à la femme — v. 3-10
Un messager apparaît à la femme
Nazir
Une annonciation
La femme informe son mari
Le mari prie pour que le messager revienne
Le messager revient chez la femme
Dialogue entre Manoah et le messager (v. 11-18)
Es-tu l’homme qui a parlé à cette femme ?
Quelle sera la règle pour l’enfant et que devra-t-il faire ?
La troisième question ressemble à une invitation
Quel est ton nom ?
Manoah offre un sacrifice (v. 19-23)
À Yahvé qui fait des merveilles
Manoah sut que c’était le messager de Yahvé.
Une expérience de Dieu
Trois faveurs
Conclusion : la femme enfanta un fils (v. 24-25)
Elle le nomma Samson
L’enfant grandit
Samson et Jésus

II. SAMSON RÉVÈLE SON SECRET À SA FEMME PHILISTINE (Jg14)
Samson veut une femme des Philistins (v. 1-4)
Il veut cette femme philistine
L’objection des parents
Les Philistins, ces incirconcis
Samson, un homme immature et superficiel
Mais tout reste sous le contrôle de Dieu
Transgression d’un premier voeu (v. 5-6.7-9)
L’avertissement du lion
Dissimulation
L’avertissement des abeilles
Les parents trompés et innocents
Transgression d’un deuxième vœu (vv. 10-20)

Samson donne un festin
Les Philistins se méfient de Samson
Fanfaronade de Samson : l’énigme
La femme de Samson sous pression
C’est l’heure du choix
Samson pris au piège
Samson accuse les Philistins
Un respect du contrat à la Samson
Retour à la maison

III. SAMSON VISITE SA FEMME À TIMNA (Jg 15)
Samson retourne chez sa femme à Timna (v. 1-3)

Samson rend visite à sa femme avec un chevreau
Le refus du beau-père
La réponse de Samson
L’histoire des renards (v. 4-5)
La colère de Samson
Aucune proportionalité
Les Philistins montèrent… Samson descendit à Étam (vv. 6-8)
La vengeance des Philistins
Aucune mesure
Il descend à Étam, qui se trouve dans le territoire de Juda

IV. SAMSON TUE DES PHILISTINS AVEC LA MÂCHOIRE D’UN ÂNE (Jg 15)
Samson retourne chez sa femme à Timna (v. 1-3)
Rassemblement à Léhi
Le désir de vengeance
Son propre peuple le livre aux Philistins
Victoire de Samson avec une mâchoire (vv. 14-17)
Samson libéré par l’Esprit de Yahvé
1000 Philistins
Samson entonne un chant de victoire
Samson meurt de soif (vv. 18-19)
Samson se tourne vers Dieu
La prière de Samson
La réponse de Dieu
Conclusion

V. SAMSON VISITE UNE PROSTITUÉE À GAZA (Jg 16)
Immature et centré sur sa force
La recherche du plaisir sexuel
Nouvelle confrontation avec les Philistins
Humiliation des Philistins

VI. SAMSON RÉVÈLE SON SECRET À DALILA (Jg 16)
Introduction (v. 4-5)
Samson s’éprend de Dalila
Maîtriser Samson une fois pour toutes
Nous te donnerons chacun onze cents sicles d’argent
Trois séductions manquées
Avec des cordes d’arc (v. 6-9)
Pas mieux avec des cordes neuves (v. 10-12)
Des cordes aux cheveux (v. 13-14)
Quatrième séduction réussie : transgression d’un 3è vœu (v. 15-20)
Il lui révéla tout son coeur
Samson révèle sa vraie identité
Si j’étais rasé
Dalila coupe les cheveux de Samson
On sut d’où venait sa force
Samson prisonnier (v. 21-22)
Ils lui crevèrent les yeux
Il tournait la meule dans la prison

VII. LA MORT DE SAMSON (Jg 16)
La fête des Philistins (v. 23-24)
Un sacrifice au dieu Dagôn
Des chants de victoire
Samson divertit les Philistins (vv. 25-27)
Tous les princes des Philistins
Samson échafaude un plan
Prière et mort de Samson (v. 28-31)
Samson appelle Dieu
Une demande de vengeance
Samson passe à l’action
La force de Samson
Les funérailles de Samson

CONCLUSION
Son appel et sa mission
Un échec complet
Intérêts personnels
Nazir ?
Sexe et violence
Relation à Dieu ?
Un anti-héros


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3. Nous avons vu la Gaule perdurable dans la Sarthe éternelle

Crise du détroit d’Ormuz oblige avec pour probable séquelle un transport aérien gravement sinistré, les vacanciers français au lieu de partir cet été en de lointaines contrées, préfèreront sans doute goûter au charme de nos campagnes. Au temps révolu des calèches, le grand Flaubert se plaisait à dépeindre les bords de la Loire1 comme un « … paysage enfin joli, varié dans sa monotonie, léger, gracieux, mais d’une beauté qui caresse sans captiver, qui charme sans séduire et qui, en un mot, a plus de bon sens que de grandeur et plus d’esprit que de poésie », en tirant pour conclusion : « c’est la France. »

Cent ans plus tard, évoquant la Sarthe de son enfance, Marcel Jousse reprenait cette image d’une France tranquille, à la fois « caressante » et « charmante », faite comme beaucoup de régions françaises, « de bon sens » et « d’esprit ». Mais ce paysage ne pouvait être pour lui seulement un objet de contemplation touristique. Pour lui, la campagne n’est pas un paysage admirable par lequel on passe, car cette terre est plus qu’une étendue où l’on promène son regard. C’est une terre où l’on vit et dans laquelle il était enraciné, une terre qu’il avait « creusée profond », une terre qui n’était pas un lieu de villégiature mais un style de vie.

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2. « Jamais homme ne parla comme parle cet homme-là »

L’héritage de l’anthropologue et prêtre Marcel Jousse (1886-1961) est considérable pour les chrétiens. Se définissant lui-même comme homme de l’oralité, il a beaucoup enseigné et peu écrit. À partir de sa propre expérience de paysan sarthois, il mit au jour une anthropologie de la connaissance et de la mémoire qu’il s’appliqua à aiguiser à l’approche de civilisations orales. Mais tous les préceptes qu’il enseigna à la Sorbonne auront été puisés dans l’univers évangélique, à la lumière des targoums bibliques en araméen. Cependant, c’est tout récemment, au premier quart du XXIe siècle1 que « la rencontre entre les formulations de Jousse sur l’oralité, et l’oralité vécue de la tradition de l’Église de l’Orient a permis de mettre des mots sur une réalité vivante qui est celle du texte oriental de l’Évangile Pshyttâ su par coeur et ruminé. »

Marcel Jousse avait cette exigence de véridicité que l’on retrouve dans l’oralité très scrupuleuse du monde rabbinique, ainsi que dans les aspirations de l’Église de l’Orient à apprendre par cœur les textes canoniques. Dès sa petite enfance sarthoise, Marcel Jousse avait appris l’Évangile des lèvres de sa mère orpheline et quasi illettrée qui l’avait appris elle-même d’une grand-mère totalement illettrée. Pouvait-il exister pour lui meilleure préparation à comprendre ce que peut être une parole vivante ? C’est la démonstration de ce que le sens de la foi et la grâce de la Parole sont accordés à tous les baptisés, quel que soit leur niveau d’instruction, pour la proclamation de l’Évangile dans toute sa force.

Et Marcel Jousse a eu cette prescience lumineuse d’une tradition araméenne et chaldéenne du témoignage direct par un récit « gestué » et su par cœur, facilement transmissible. Partant, il conçut d’appliquer à la Parole de Jésus sa méthode anthropologique, à partir des textes écrits, considérés comme des « textes morts », pour retrouver les « gestes vivants » sous-jacents, et replacer l’homme Jésus dans son contexte historique et linguistique araméen. Sous l’enveloppe grecque des Évangiles écrits, il en vint ainsi à prouver l’authenticité de la Parole vivante de celui qu’il appelait de son nom araméen Rabbi Iéshoua.

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144. Le travail humain

Partout, dans la Bible, l’homme est au travail.

Toutefois, parce que ce travail, de l’artisan ou du petit agriculteur, est assez différent du travail intensif et organisé qu’évoquent en nous les visions modernes du travail, nous sommes portés à croire que l’Écriture ignore le travail ou le connaît mal.

Et, parce qu’elle ne comporte guère de jugements de principe sur la valeur et la signification du travail, nous sommes parfois tentés d’isoler à notre fantaisie telle formule prise au hasard et de l’utiliser au profit de nos propres thèses.

Pourtant, si elle ne répond pas à toutes nos questions, la Bible, prise en sa totalité, nous introduit dans la réalité du travail, de sa valeur, de sa peine et de sa rédemption.

Bon travail aux curieux d’en savoir plus !


CONTENU

I. LA VALEUR DU TRAVAIL
Le commandement du Créateur
Le travail ne vient pas du péché !
Le travail de l’homme est l’épanouissement de la création de Dieu
Valeur naturelle du travail
Une loi de la condition humaine
La critique de l’oisiveté
Le travail bien fait
Valeur sociale du travail

II. LA PEINE DU TRAVAIL
Le travail atteint par le péché
Le travail terrain de déploiement du péché
Le monde ordinaire du travail dans la race d’Adam

III. LA RÉDEMPTION DU TRAVAIL
Le sabbat préserve le travail
Les clauses de l’alliance

IV. LE CHRIST ET LE TRAVAIL
Paradoxes évangliques
Le travail périssable
Valeur positive du travail
Valeur chrétienne du travail
Le travail et l’univers nouveau

ANNEXES
Vatican II : l’activité humaine dans l’univers
L’encyclique Laborem Exercens


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