Marcel Jousse oppose milieu expérimental grec et révélation palestinienne
Lit-on vraiment plus durant la saison estivale ? Les canicules, de plus en plus longues, sont-elles encore propices à l’édition de livres ? Les libraires apprécient particulièrement cette période car en dehors de deux grands moments d’édition de l’année, c’est-à-dire septembre avec les grands prix de littérature et janvier avec le retour orchestré et tapageur des « poids lourds », l’été n’est pas en reste. Mais comme le disait Bernard Pivot, on peut toujours déplorer que « la quantité de livres est inversement proportionnelle à leur qualité », quel que soit le degré de désaffection de plus en plus prononcé des lecteurs.
Marcel Jousse, face à Georges Duhamel (1884-1966) pour qui « la disparition prochaine et progressive du livre [risquait] de ramener notre civilisation à un état de barbarie », rétorquait que « la disparition du livre, si elle doit se faire, bien loin d’amener notre civilisation à un état de barbarie, va l’emmener à un état de reconstruction stylistique. »
En tant qu’enseignant à la Sorbonne de 1931 à 1957, Jousse se distinguait de la culture académique dominante, « algébrisée » et centrée sur l’écrit, en mettant en lumière sa découverte révolutionnaire d’une culture orale interactive et concrète, totalement soutenue par la mémoire. Il en trouvait la plus insigne démonstration en Rabbi Iéshoua profondément imprégné de la culture populaire galiléenne, araméophone et ne se transmettant que par voie orale.
Ses bases anthropologiques lui permettaient d’ouvrir les Écritures dans une perspective originale, en même temps qu’il reconnaissait dans le grec du Nouveau Testament des structures mentales et des formules sous-jacentes de l’araméen.
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