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8. L’écrit apporte la mort mais le souffle apporte la vie

Lit-on vraiment plus durant la saison estivale ? Les canicules, de plus en plus longues, sont-elles encore propices à l’édition de livres ? Les libraires apprécient particulièrement cette période car en dehors de deux grands moments d’édition de l’année, c’est-à-dire septembre avec les grands prix de littérature et janvier avec le retour orchestré et tapageur des « poids lourds », l’été n’est pas en reste. Mais comme le disait Bernard Pivot, on peut toujours déplorer que « la quantité de livres est inversement proportionnelle à leur qualité », quel que soit le degré de désaffection de plus en plus prononcé des lecteurs.

Marcel Jousse, face à Georges Duhamel (1884-1966) pour qui « la disparition prochaine et progressive du livre [risquait] de ramener notre civilisation à un état de barbarie », rétorquait que « la disparition du livre, si elle doit se faire, bien loin d’amener notre civilisation à un état de barbarie, va l’emmener à un état de reconstruction stylistique. »

En tant qu’enseignant à la Sorbonne de 1931 à 1957, Jousse se distinguait de la culture académique dominante, « algébrisée » et centrée sur l’écrit, en mettant en lumière sa découverte révolutionnaire d’une culture orale interactive et concrète, totalement soutenue par la mémoire. Il en trouvait la plus insigne démonstration en Rabbi Iéshoua profondément imprégné de la culture populaire galiléenne, araméophone et ne se transmettant que par voie orale.

Ses bases anthropologiques lui permettaient d’ouvrir les Écritures dans une perspective originale, en même temps qu’il reconnaissait dans le grec du Nouveau Testament des structures mentales et des formules sous-jacentes de l’araméen.

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7. Logique démonstration du substrat araméen des évangiles

Il est des diasporas qui, confrontées à des enjeux d’intégration dans leurs pays d’accueil au motif de barrières linguistiques ou culturelles, sont entraînées dans un repli communautaire d’autant plus pénalisant qu’elles sont parfois enclines à cristalliser des tensions politiques ou religieuses importées de leur pays d’origine. Ce qui est une tendance trop souvent observée ces dernières années décennies… mais ce qui n’est absolument pas le cas de la diaspora araméenne – souvent appelée aussi syriaque ou chaldéenne – dont la quasi-totalité de nos concitoyens ignore même l’existence. Rares sont les araméens restés au Proche-Orient – passés de 1,5 million en 2003 à moins de 200 000 aujourd’hui – mais pour eux, comme pour ceux partis en Occident, leur grande force est de s’être maintenus dans « l’Évangile mis en œuvre. » Forte d’une tradition religieuse chrétienne bimillénaire, la diaspora araméenne essaie également de maintenir vivante la culture ainsi que la pratique des différents dialectes, perpétuant ainsi l’héritage linguistique.

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146. Paroles de Jésus sur la mission, Mt 10

Matthieu est le seul évangile à mentionner explicitement l’Église dans son récit – ἐκκλησία (Mt 16,18 ; 18,17), trahissant ainsi son intérêt pour la vie et la mission de la communauté des disciples associée à l’œuvre du Christ, en vue de l’étendre et de la perpétuer.

En effet selon Matthieu, le programme messianique situe la mission des disciples dans le prolongement de celle du Christ, si bien qu’un des cinq « discours » (Mt 10) que contient cet évangile est entièrement consacré à ce projet missionnaire, alors que les dernières paroles du récit évangélique visent explicitement la mission que Jésus confie à son Église.

 » Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc : de toutes les nations faites des disciples… »

Plutôt que de rechercher dans l’évangile des « recettes » pastorales, prenons le temps de saisir l’esprit des paroles de Jésus en Matthieu 10 à travers cette étude biblique.


CONTENU

I. JÉSUS DÉPLOIE SON AUTORITÉ
De Jésus aux apôtres
Il est le modèle du missionnaire
Il donne ses consignes aux Douze
Il leur partage sa compassion pour les foules
Il les envoie, humbles et audacieux
Ils sont l’authentique Israël

II. DES PAROLES SUR LA MISSION AGENCÉES PAR MATTHIEU
Comparer les évangiles
Les particularités matthéennes
Une structure concentrique
D’autres remarques
Trois axes majeurs

III. Axe 1 : L’UNIVERSALITÉ DE LA MISSION ET LA RÉALITÉ D’ISRAËL
À qui sont envoyés les disciples ?
La signification du terme Israël en Mt
La « maison d’Israël »
Le caractère eschatologique de la mission
La mission n’a d’autre limite que le refus

IV. Axe 2 : LA GRATUITÉ DE LA MISSION ET LA CONFORMITÉ DU DISCIPLE À SON MAÎTRE
La mission, fruit de la compassion du Maître et de la prière des disciples
L’accueil gratuit du disciple
La dépendance par rapport au Maître
La souffrance comme prix du témoignage
L’accueil du Royaume

V. Axe 3 : LA RADICALITÉ ESCHATOLOGIQUE DE LA MISSION ET SON ACTUALITÉ
Le Royaume s’est approché
Une communauté déchirée et cheminante
La sollicitude du Père pour sa maison

VI. C’EST DE NOUS QU’IL S’AGIT AUJOURD’HUI
Choisis et envoyés
Hommes parmi les hommes
Associés à Jésus
Sa communauté missionnaire

CONCLUSION — ENVOYÉS VERS LES BREBIS PERDUES

ANNEXES
Pape François : la passion pour l’évangélisation


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6. La Paix-Shaïna que n’est pas venu apporter Iéshoua

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En vue de mettre fin à un conflit meurtrier de près de quatre mois, le président Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian ont paraphé chacun de leur côté un protocole, chaleureusement accueilli par les membres du G7 comme une « opportunité historique ». Les États-Unis auront finalement choisi la voie d’un compromis avec un régime qu’il dénonçait comme l’un des principaux fauteurs de guerre et d’instabilité dans le monde. Les réparations versées – 300 milliards d’€ – à l’Iran pour la reconstruction du pays proviendront en majeure partie des pays voisins du Golfe, de sorte que les groupes proxys iraniens, principales composantes des forces terroristes, continueront de bénéficier de soutiens matériels et financiers appréciables. En revanche, pour le peuple iranien abandonné à son sort, ce dénouement aura le goût amer d’une capitulation au bénéfice de ses bourreaux en gage d’une promesse de « Paix munichoise. » …

Au moment de Munich…

Nous vivons dans une civilisation finissante, il faut bien que nous le disions, que nous disions à nous-mêmes que nous sommes à bout de tous côtés. Comment cela va-t-il ressurgir ? ressusciter ? Je ne m’en mets point en peine, mais notre rôle à nous, anthropologistes, c’est de signaler la fin d’un monde qui est appelé à disparaître comme les civilisations de Babylone et de Ninive. Allons-nous prolonger notre agonie pendant quelques siècles ? […] Vous verrez que les Gaulois ont été comme certains d’entre nous qui ont envoyé tout de suite des dépêches de félicitations à Hitler au moment de Munich. La France n’était pas envahie que les dépêches étaient déjà arrivées. Ce que nous avons de Thérèse d’Avila au point de vue anthropologique, par exemple sa description de l’enfer, c’est extrêmement pauvre à côté des formidables descriptions que nous ont données les grands apocalypticiens sur des différents cercles de la Géhenne, cercles qui ont été admirablement repris par Dante. Entre Dante et Thérèse il y a tout l’abîme de l’insertion aux apocalypses. […] « Apocalyptique », pour moi, ça ne veut pas du tout dire que ce n’est pas historique. C’est tout aussi historique, seulement les schémas se présentent toujours d’une façon identique quand ils sont dans un genre spécial qu’on appelle le genre de la découverte ou de l’apocalypse. […] À plus forte raison y a-t-il grande difficulté à pouvoir faire coïncider une attitude mentale d’un milieu ethnique avec des attitudes mentales d’un autre milieu ethnique à des époques différentes. (École des Hautes Études, le 13 février 1940, 7ème année, 12ème leçon).

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5. Européens marqués par la perte de repères

Le 8 juin 2026, le pape Léon XIV déclarait devant les parlementaires espagnols que « le monde traverse une profonde crise spirituelle et culturelle », exprimant ainsi les craintes de l’Église confrontée au défi d’annoncer l’Évangile à des Européens plus que jamais marqués par la perte de repères. C’est encore aux Européens que le pape Léon XIV, détenteur de deux passeports américains (États-Unis et Pérou), s’adressera le 28 septembre prochain, en célébrant une messe à la cathédrale Saint-Étienne de Metz, un solennel hommage à Robert Schuman1, reconnu comme l’un des principaux « pères fondateurs » de l’Union européenne.

Une sauvegarde pour tout ce qui fait notre civilisation chrétienne

« Il importe de nous rendre compte que l’Europe ne saurait se limiter à la longue à une structure purement économique. Il faut qu’elle devienne aussi une sauvegarde pour tout ce qui fait la grandeur de notre civilisation chrétienne : dignité de la personne humaine, liberté et responsabilité de l’initiative individuelle et collective, épanouissement de toutes les énergies morales de nos peuples. Une telle mission culturelle sera le complément indispensable et l’achèvement d’une Europe qui, jusqu’ici, a été basée sur la coopération économique. Elle lui conférera une âme, un anoblissement spirituel et une véritable conscience commune. Il ne faut pas que nous ayons de la future Europe une conception étriquée, se confinant dans des préoccupations matérielles, si nous voulons qu’elle résiste à l’assaut des coalitions racistes et aux fanatismes de tout genre. » Robert Schuman (2)

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