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143. Le petit reste, un thème biblique méconnu

Accommoder les restes est un art culinaire étonnant que nous pratiquons tous avec plus ou moins d’adresse et de succès ! Et on ne s’attend pas à pouvoir faire un rapprochement avec un quelconque contenu biblique. Pourtant, la Bible ne cesse de nous surprendre, comme nous le constatons en trouvant nombre de versets qui nous parlent de reste (au singulier), et même de « petit reste », et ceci de façon paradoxale
◦ Dieu promet à Abraham une descendance « nombreuse comme les étoiles du ciel » (Gn 15,5). Mais, par la bouche d’Amos, il avertit Israël : « Comme un berger sauve de la gueule du lion deux pattes ou un bout d’oreille, ainsi seront sauvés les enfants d’Israël » (Am 3,12).
◦ Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4) , mais il annonce que, lors de la grande tribulation, « si, à cause des élus, les jours de détresse n’étaient abrégés, nul n’aurait la vie sauve » (Mt 24,22).
Comment comprendre ces paradoxes ?

Ce RESTE, épargné par le passage du jugement, constitue un élément essentiel de l’espérance biblique. L’idée se rattache en partie à l’expérience guerres et de leurs massacres. Suivant le contexte, le mot peut :
◆ Souligner l’ampleur de la catastrophe (« il ne survit qu’un reste », Is 10,22 — « pas même un reste », Jr 11, 23);
◆ ou évoquer l’espoir qui subsiste, avec la survie d’un reste (Jr 40,11).

En relisant les prophètes Amos et Jérémie, nous serons sans doute très troublés devant la rudesse et le pessimisme de leur prédication. Aujourd’hui, elle serait inaudible tellement nous sommes habitués à nos pantoufles; et les justifications théologiques contenues dans ces messages nous paraîtraient grotesques à la lumière de certaines paroles de Jésus. Pourtant, les événements sont nos maîtres, et nous voyons bien que certains aspects de la situation ecclésiale, voire internationale actuelle, comporte quelques ressemblances…
N’oublions jamais que nous sommes envoyés annoncer une Bonne Nouvelle !


CONTENU

I. BREF PARCOURS SUR LE « RESTE » DANS LA BIBLE
Avant l’exil
Amos
Isaïe
Michée
Le tournant de l’exil
Jérémie
Ézéchiel
Les trois types de « reste »
Reste historique et reste eschatologique
Reste fidèle
Après l’exil
Dans le N.T.

L’attente de la délivrance d’Israël
Le reste, c’est maintenant l’Église
Les prédicateurs de l’Évangile

II. TROIS EXEMPLES DE DÉPLOIEMENT DU THÈME

  1. Le déluge
    Le désastre du déluge
    Le texte de Genèse 6-9
    L’interprétation du mal
    La décision divine — 6,5-13
    Noé entre dans l’arche — 6,14-7,16
    La destruction, retour au chaos — 7,17-24
    La re-création après le déluge — Gn 6,5-9.17
    On recommence à zéro
    Retour à l’ordre — 8,1b-5
    Noé sort de l’arche — 8,6-19
    La promesse divine — 8, 20-22 ; 9, 1-17
    La bénédiction divine
    L’imposition de limitations et de restrictions
    Le respect de l’image de Dieu
  2. Le Royaume du Nord
    La destruction du Royaume du nord (Amos) : deux pattes ou un bout d’oreille
    Le prophète Amos
    Menaces et avertissements contre Samarie
    Plainte et déception de Yahvé
    Lamentation funèbre sur Israël
    J’abhorre l’orgueil de Jacob
    Un message extrêmement sévère
    L’espoir qu’un reste pourrait permettre au peuple de survivre
    La restauration du Royaume du nord (Amos) : en ces jours-là, je relèverai la hutte branlante
    Promesse de la restauration du royaume davidique, Juda
    Promesse de la restauration du royaume du Nord, Israël
    Mais il y a un problème sérieux
  3. Le Royaume du Sud
    La destruction du Royaume du sud (Jérémie) : « il n’en restera aucun »
    On va grappiller
    Y aura-t-il encore un reste après ce deuxième désastre ?
    Jérémie et les malheurs de la guerre
    Prophétie de la chute de Jérusalem
    La possibilité d’un reste à Babylone
    Deux corbeilles de figues
    La restauration du Royaume du sud (Jérémie) : « une alliance nouvelle »
    Les bonnes figues
    Une nouvelle alliance
    Ils seront mon peuple et moi je serai leur Dieu

CONCLUSION. Le petit reste est une expression de l’espérance biblique
Quand le désastre survient, la catastrophe est terrible
L’espoir subsiste avec la survie d’un reste

ANNEXES
Qu’est-ce qu’ils ont fait pour mériter ça ? — Lc 13,1-9
Une affaire scandaleuse
Le discernement pastoral de Jésus
Regarder son propre coeur
La parabole du figuier stérile
Une miséricorde qui va aussi loin que possible
Être aveugle de naissance, une malédiction ? — Jn 9,1-41
Jésus lumière du monde
Réactions, bavardages, témoignages
Le cheminement de l’aveugle guéri vers la foi
Le « petit reste » : un filon exploité par les révélations privées


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Etienne Méténier : Les noms de Jésus

Présentation du livre « Les noms de Jésus » d’Etienne Méténier

Nommer une personne, c’est entrer en relation avec elle. Or, depuis l’Ancien Testament, le Messie a été décliné sous différents noms par la plume des prophètes.

Voici la première étude systématique des noms de Jésus à travers toute l’Écriture. Écrite avec intelligence et profondeur spirituelle riche de connaissance et d’expérience, elle puise dans l’héritage du judaïsme, de la Tradition de l’Église et des saints.

Un livre tout public pour entrer dans la largeur, la longueur, la profondeur, la hauteur du mystère du Christ, visage de l’amour de Dieu. Une porte ouverte vers l’infini qui nous permet de goûter au repos de l’âme.

142. L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem

Chaque année, nous revivons ce moment lors de la célébration du dimanche de la Passion et des rameaux. Nous proclamons cet évangile sur le parvis de nos églises avant de rentrer en procession en acclamant la Seigneurie de Jésus.

Nous savons bien qu’il existe quatre versions différentes, quatre récits évangéliques; la liturgie est là pour nous en offrir les versions diversifiées. Il est très intéressant de pouvoir les comparer, et de voir à quel point chaque évangéliste accomplit son petit travail rédactionnel.

C’est l’exercice que je vous propose dans cette petite école biblique qui reprend des études de différents biblistes. C’est l’occasion, en même temps, de mieux comprendre comment Jésus accomplit les prophéties, un souci cher à Matthieu.

« Il veut que son cheminement et son agir soient compris selon les promesses de l’Ancien Testament, qui, en lui, deviennent réalité. L’Ancien Testament parle de lui – et inversement : il agit et il vit dans la Parole de Dieu, et non selon des programmes et des désirs qui seraient siens. Son exigence se fonde sur l’obéissance face à l’ordre du Père. Son cheminement est un cheminement à l’intérieur de la Parole de Dieu ».

On comprend alors que Jésus ait pu faire dire à ses disciples à la recherche de l’ânon : « Le Seigneur en a besoin »…


CONTENU

Synopse du texte évangélique
La place de cet épisode dans les évangiles
Ce que les quatre récits ont en commun

I. ÉVANGILE DE MARC
Texte de Marc 11, 1-10
Un récit qui tourne court
Pour situer l’épisode
Entrée triomphale ?
Une entrée-sortie
Une épiphanie modeste
Le Seigneur en a besoin

II. ÉVANGILE DE MATTHIEU
Texte de Matthieu 21, 1-17
Plusieurs caractéristiques de Matthieu
La venue du roi humble à Sion
La montée à Jérusalem
La citation d’accomplissement — v. 4-5
L’ânesse et l’ânon
La reconnaissance messianique de Jésus
Hosanna aux plus hauts — v. 9
La ville en séisme — v. 10-11
L’affrontement de Jésus dans le Temple
Jésus dans le Temple — v. 12-13
Les aveugles et les boiteux — v. 14
Les enfants dans le Temple — v. 15-16
La louange de la bouche des tout-petits et des nourrissons — v. 16
Les quittant, il sortit — v. 17

III. ÉVANGILE DE LUC
Texte de Luc 19, 28-48
La trame du récit de Luc
Un voyage qui n’en finit pas
L’arrivée du Roi — 19, 28-40
Lamentation sur Jérusalem — 19, 41-44
L’entrée dans le temple — 19, 45-48

III. ÉVANGILE DE JEAN
Texte de Jean 12, 12-19
Les différences majeures avec les Synoptiques
Les acclamations de la foule
Le Roi d’Israël
Les rameaux de palmier
Le souvenir des disciples
Les chapitres 11 et 12
Lazare
L’onction à Béthanie
L’accueil triomphal
La recomposition johannique

CONCLUSION. Béni soit celui qui vient


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Léon XIV relance l’élan de «Dei Verbum» pour une Église à l’écoute de la Parole

Depuis le début de l’année, le Pape a entrepris une série de catéchèses consacrées au Concile Vatican II, événement majeur qui a profondément renouvelé la vie et la mission de l’Église catholique. Au centre de cette relecture figure la constitution dogmatique Dei Verbum, promulguée en 1965. Pour le doyen de la Faculté de Sciences Bibliques (Biblicum) de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le père Paul Béré S.J., «Dei verbum est en quelque sorte l’âme de la vie de l’Église».

Entretien réalisé par Augustine Asta – Cité du Vatican. Site Vatican News

La constitution dogmatique Dei Verbum, promulguée en 1965 et consacrée à la Révélation divine est un texte fondateur qui expose la compréhension catholique de la Parole de Dieu: un Dieu qui ne demeure pas lointain, mais qui se communique à l’humanité à travers l’histoire, par des paroles et des actes, culminant dans la personne de Jésus-Christ. En invitant les fidèles à redécouvrir dans ses catéchèses les documents conciliaires, explique le doyen de la Faculté de Sciences Bibliques (Biblicum) de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le père Paul Béré S.J., dans un entretien accordé aux médias du Vatican, «le Pape Léon XIV inscrit son action dans la continuité de la dynamique synodale, soulignant que l’écoute de la Parole concerne tout le peuple de Dieu». 

Dei Verbum, poursuit-il, a marqué un tournant décisif dans le rapport de l’Église à la Bible. Le Concile, a en effet, reconnu la légitimité et la nécessité d’une étude scientifique des textes bibliques, considérée comme un appui au discernement ecclésial. La Révélation n’est plus envisagée uniquement comme un ensemble de vérités abstraites, mais comme une histoire vivante dans laquelle Dieu agit. La Bible devient dès lors «l’âme» de la théologie et le cœur de la vie ecclésiale, inspirant la liturgie, la catéchèse et l’apostolat biblique. Cette ouverture a favorisé un accès plus large des fidèles aux Écritures, encourageant la lecture personnelle, la méditation et la prière.

Plus de soixante ans après sa promulgation, le texte demeure toujours d’actualité. Il invite, estime le père Béré, à une lecture incarnée et inculturée de la Bible: si le Christ est le centre de la Révélation, c’est parce qu’en lui la Parole s’est faite chair et continue de rejoindre chaque culture et chaque époque. Refuser cette Parole reviendrait, souligne le prêtre burkinabé, à «éteindre la lumière qui éclaire la marche de l’humanité». Au contraire, s’y «replonger permet de retrouver une profondeur historique et spirituelle face aux défis contemporains, des mutations technologiques aux crises sociales», détaille-t-il.

Relire Dei Verbum aujourd’hui «apparaît ainsi comme un chemin de renouveau, pour une Église et un monde appelés à redécouvrir la force toujours vivante de la Parole de Dieu», détaille encorele religieux. 

Père Paul Béré: «Dei verbum est en quelque sorte l’âme de la vie de l’Église»

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La parole de Dieu est une source inépuisable

COMMENTAIRE DE SAINT ÉPHREM SUR L’ÉVANGILE

Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d’une seule de tes paroles, Seigneur ? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons ; comme des gens assoiffés qui boivent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l’étudient. Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu’il aime. Et dans sa parole il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu’il médite.

La parole de Dieu est un arbre de vie qui, de tous côtés, te présente des fruits bénis ; elle est comme ce rocher qui s’est ouvert dans le désert pour offrir à tous les hommes une boisson spirituelle. Selon l’Apôtre, ils ont mangé un aliment spirituel, ils ont bu à une source spirituelle.

Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu’il y a seulement, dans la parole de Dieu, ce qu’il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu’il a été capable d’y découvrir une seule chose parmi bien d’autres. Enrichi par la parole, il ne doit pas croire que celle-ci est appauvrie ; incapable de l’épuiser, qu’il rende grâce pour sa richesse. Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce qui te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s’attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n’as pas pu recevoir aussitôt, à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. N’aie donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d’un seul trait ce qui ne peut être pris en une seule fois ; et ne renonce pas, par négligence, à ce que tu es capable d’absorber peu à peu.