Depuis le début de l’année, le Pape a entrepris une série de catéchèses consacrées au Concile Vatican II, événement majeur qui a profondément renouvelé la vie et la mission de l’Église catholique. Au centre de cette relecture figure la constitution dogmatique Dei Verbum, promulguée en 1965. Pour le doyen de la Faculté de Sciences Bibliques (Biblicum) de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le père Paul Béré S.J., «Dei verbum est en quelque sorte l’âme de la vie de l’Église».
Entretien réalisé par Augustine Asta – Cité du Vatican. Site Vatican News
La constitution dogmatique Dei Verbum, promulguée en 1965 et consacrée à la Révélation divine est un texte fondateur qui expose la compréhension catholique de la Parole de Dieu: un Dieu qui ne demeure pas lointain, mais qui se communique à l’humanité à travers l’histoire, par des paroles et des actes, culminant dans la personne de Jésus-Christ. En invitant les fidèles à redécouvrir dans ses catéchèses les documents conciliaires, explique le doyen de la Faculté de Sciences Bibliques (Biblicum) de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le père Paul Béré S.J., dans un entretien accordé aux médias du Vatican, «le Pape Léon XIV inscrit son action dans la continuité de la dynamique synodale, soulignant que l’écoute de la Parole concerne tout le peuple de Dieu».
Dei Verbum, poursuit-il, a marqué un tournant décisif dans le rapport de l’Église à la Bible. Le Concile, a en effet, reconnu la légitimité et la nécessité d’une étude scientifique des textes bibliques, considérée comme un appui au discernement ecclésial. La Révélation n’est plus envisagée uniquement comme un ensemble de vérités abstraites, mais comme une histoire vivante dans laquelle Dieu agit. La Bible devient dès lors «l’âme» de la théologie et le cœur de la vie ecclésiale, inspirant la liturgie, la catéchèse et l’apostolat biblique. Cette ouverture a favorisé un accès plus large des fidèles aux Écritures, encourageant la lecture personnelle, la méditation et la prière.
Plus de soixante ans après sa promulgation, le texte demeure toujours d’actualité. Il invite, estime le père Béré, à une lecture incarnée et inculturée de la Bible: si le Christ est le centre de la Révélation, c’est parce qu’en lui la Parole s’est faite chair et continue de rejoindre chaque culture et chaque époque. Refuser cette Parole reviendrait, souligne le prêtre burkinabé, à «éteindre la lumière qui éclaire la marche de l’humanité». Au contraire, s’y «replonger permet de retrouver une profondeur historique et spirituelle face aux défis contemporains, des mutations technologiques aux crises sociales», détaille-t-il.
Relire Dei Verbum aujourd’hui «apparaît ainsi comme un chemin de renouveau, pour une Église et un monde appelés à redécouvrir la force toujours vivante de la Parole de Dieu», détaille encorele religieux.
Père Paul Béré: «Dei verbum est en quelque sorte l’âme de la vie de l’Église»
Continuer la lecture de Léon XIV relance l’élan de «Dei Verbum» pour une Église à l’écoute de la Parole