112. Le Protévangile de Jacques

Les évangiles apocryphes, typiques de la « religion populaire » sont d’abord des évangiles de la Nativité et de l’Enfance de Marie et de Jésus. Aux 2° et 3° s. des chrétiens en Orient jugeront les récits de l’Enfance en Matthieu et en Luc, trop sobres et discrets, nous laissant sur notre faim d’en savoir plus sur les débuts de la vie de Marie et de Jésus. Parmi ces récits, un très ancien et certainement le plus connu et le plus influent fut nommé, lors de son passage en Occident au 16°s. Protévangile de Jacques. Son vrai titre, cité à la fin du texte grec original de la moitié du 2° s. récemment découvert (papyrus Bodmer 5) est Nativité de Marie : révélation de Jacques.

Alors que nous célébrons chaque année la fête de la Nativité de Marie le 21 novembre, trace liturgique du Protévangile de Jacques, il n’est pas inutile d’essayer de mieux connaître cet écrit, et d’acquérir quelques connaissances sur ce que sont les Apocryphes du Nouveau Testament.


TABLE DES MATIÈRES

I. UN TEXTE RAYONNANT À PARTIR D’UN AXE CENTRAL
Les annonces
La naissance de Jésus à Bethléem
L’épisode des mages à Bethléem

II. UN IMAGINAIRE CHRÉTIEN À L’OEUVRE
Une pré-annonciation (1-4)
Conception et naissance de Marie : sa petite enfance (5-6)
Présentation de Marie et sa formation au Temple (7-8)
Choix et désignation de Joseph, comme époux de Marie (8-9)
Marie choisie pour tisser le voile du Temple (10)

III. POUR UNE LECTURE NUANCÉE DU PROTÉVANGILE DE JACQUES
Le caractère positif de l’imaginaire chrétien
Un genre pédagogique édifiant, en lien avec les Saintes Écritures

IV. POSTÉRITÉ DU PROTÉVANGILE DE JACQUES
Le calendrier, l’iconographie
Premier témoin de la piété mariale populaire

ENVOI — Y aurait-il des apocryphes modernes ?

ANNEXES
Marie et les apocryphes
Les apocryphes, qu’est-ce que c’est ?
Une liste des écrits apocryphes du N.T.
Que révèlent les évangiles apocryphes ?
Le Protévangile de Jacques, témoin majeur de la piété mariale


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ÉMISSIONS

111. Les lieux marials de la vie publique de Jésus

Dans la suite du précédent livret : les lieux marials de l’enfance de Jésus (n° 105), je cherche à resituer la Vierge Marie dans sa terre…

En dehors du contexte des évangiles de l’enfance de Jésus, la Vierge Marie est présente au début et à la fin de la vie publique de Jésus, à Cana et au Golgotha. Telle est la présentation de saint Jean. Mais les Actes des Apôtres nous la montrent présente au Cénacle en prière avant la venue de l’Esprit Saint lors de la Pentecôte. Ce seront nos deux étapes géographiques : Cana et Jérusalem.

Mais à Jérusalem, nous évoquerons aussi le Tombeau de la Vierge dans la vallée de Josaphat, et par extension, la Maison de la Vierge près d’Éphèse en Turquie.

Cette fois-ci, donc, nous allons découvrir quelques aspects des Évangiles surtout avec des images. Pour le temps des vacances, c’est parfait !


TABLE DES MATIÈRES

I. CANA
Où se trouve la ville de Cana ?
Kafr Cana, visitée aujourd’hui
Kafr Cana ou Khirbet Qana ?

II. LE GOLGOTHA
Basilique du Saint Sépulcre
Plan de la basilique du Saint Sépulcre
Le lieu du calvaire

III. LE CÉNACLE
Cénacle, tombeau de David, Abbaye de la Dormition
Le Cénacle

IV. LES LIEUX DE COMMÉMORATION DE MA MORT DE MARIE

  1. La tradition du dernier sommeil de la Vierge
    La Sainte Sion
    La basilique de la Dormition
    Le gisant de la Vierge
  2. Le tombeau de la Vierge dans la vallée de Josaphat
    La vallée de Josaphat
    L’église N-D de Josaphat
    Dans le transept droit de la crypte
    Le tombeau « de la Vierge »
  3. La maison de la Vierge à Éphèse
    La maison de la Vierge
    Étonnante destinée
    L’église de la Vierge à Éphèse
    Vestiges de l’église du X° s.
    Le Concile d’Éphèse (431)

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110. La croissance dans la Bible

La « pastorale de croissance » est un courant qui se déploie aux États-Unis et ailleurs dans le monde, en France aussi. Côté catholique, il est assez récent et se veut une réponse à l’appel du pape François à ce que chaque chrétien devienne « disciple-missionnaire ». Mais le mouvement « Église en croissance » a connu un grand développement depuis les années 1960 en milieu évangélique.

Dans cette dynamique pastorale, on accorde beaucoup d’importance à la notion de croissance : croissance de l’Église, des paroisses (en nombres de pratiquants, en qualité de vie chrétienne), et de chaque chrétien …

Je vous propose de nous intéresser à ce que dit le N.T. de la crois­sance personnelle des disciples de Jésus réalisée à la Pentecôte. D’après Ac 2, quelle croissance dans leur façon d’agir leur fait faire l’Esprit Saint ? D’où partent-ils, où aboutissent-ils, et est-ce attribuable à l’action de l’Esprit ?

Mais auparavant, nous pouvons une fois de plus parcourir l’ensemble de la Bible pour y découvrir les différentes facettes de la croissance et de la fructification. Et nous ne pourrons pas omettre un questionnement (dans les Annexes) sur l’évaluation de la qualité par la quantité, sur la confusion entre les beaux et les bons fruits, et sur certaines formes d’évangélisation coercitives…

À quoi servirait l’étude de la Bible si elle n’était pas en prise sur les problématiques de notre temps ?


TABLE DES MATIÈRES

I. FACETTES DE LA CROISSANCE DANS LA BIBLE

  1. La croissance dans la création
  2. La croissance dans l’histoire du salut
    Croissance du mal dans le monde
    Croissance du peuple élu
    Croissance du Sauveur et de sa Parole
    Croissance de l’Église
    Croissance du chrétien dans l’Église
  3. Vers le Royaume de Dieu

II. LA FRUCTIFICATION

  1. Le devoir de fructifier
  2. La coopération de l’homme avec Dieu
    Dieu, maître de la vie
    L’eau vivifiante
    Le rôle de l’homme
  3. Bons et mauvais fruits
  4. La sève du Christ et le fruit de l’Esprit
    La loi de l’existence chrétienne
    Le fuit de l’Esprit

III. LA CROISSANCE DE L’ÉGLISE en Ac 2
Une croissance en quantité : de 120 à 3000
L’enseignement des Apôtres en croissance — Ac 2, 42
Les prodiges et signes accomplis par les Apôtres — Ac 2, 43
Tous les croyants — Ac 2, 44

  1. Manifestations de croissance
    Dans la foi
    Dans l’unité
    Dans la prière
    Dans la joie
    Par l’acquisition de la simplicité de cœur
  2. Autres aspects
    La nouveauté de la prière en langues
    L’extension du renoncement aux biens matériels
    Continuité dans la prière, et fraction du pain
  3. La croissance observée vient-elle du Saint-Esprit ?
    Le lien fort du sommaire avec la Pentecôte
    C’est la manière d’agir du Saint Esprit dans l’oeuvre de Luc

CONCLUSION — Et notre croissance personnelle ?

ANNEXES
L’évaluation de la qualité par la quantité : une tentation malsaine
Ils sont beaux mes bons fruits…
Mille raisons de s’inquiéter…
La décroissance est-elle un concept biblique ?


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ÉMISSIONS

Le Chemin de Pierre

L’Église catholique le considère comme le premier évêque de Rome, le premier pape. Qui est le Pierre historique, qui était ce compagnon du Christ, dès les premières heures de sa mission ? Comment, cet homme d’une foi indéniable a-t-il pu être capable de lâcheté. « Avant que le coq ne chante trois fois tu m’auras renié deux fois » avertit Jésus le soir de son dernier repas.

Ce documentaire marche sur les traces du chef des apôtres, depuis son petit village de pêcheurs sur les rives du lac de Galilée jusqu’à la capitale de l’empire romain, en passant par Jérusalem et Antioche… Une coproduction KTO/BEL AIR MEDIA 2023 – Réalisée par Jérémie Cuvillier

Antoine Nouis : « Nul ne peut avoir la prétention d’épuiser le sens de la Bible »

Sur le site de La Croix

Entretien. Antoine Nouis est pasteur protestant. Longtemps  directeur de l’hebdomadaire Réforme, il est l’auteur de plusieurs livres  (1), mais aussi d’un monumental commentaire de la Bible (2). Il raconte  l’aventure inédite d’une lecture commentée de la Bible, verset par  verset. Histoire(s) de lire : l’interprétation.  Recueilli par Christophe Henning.

Antoine Nouis, vous avez entrepris un commentaire verset par verset de la Bible. Un travail de bénédictin, selon l’expression, pour un pasteur protestant. Quel enseignement tirez-vous de cette lecture biblique ?

Antoine Nouis : En commentant la Bible verset par verset, j’ai découvert d’abord que les auteurs du Premier Testament tels qu’Isaïe, Ézéchiel, David sont d’immenses écrivains. Je les compte parmi les plus grands poètes de l’Antiquité. Ensuite, lire la Bible, c’est pour moi entrer dans l’intelligence des Écritures. En fait, je pensais que ce commentaire pourrait aider les « professionnels » pour dire vite, les prêtres, pasteurs, aumôniers… À ma grande surprise il y a aussi des lecteurs qui cherchent gratuitement.

Cette lecture est exigeante, elle nécessite un vrai travail…

A. N. : Lors de mes études, j’avais un professeur d’exégèse qui ne cessait d’insister pour dire qu’il travaillait en scientifique. Et quand il avait fini, par exemple l’analyse du chapitre 12 de l’Évangile de Marc, il appelait sa grand-mère : elle avait tout compris. Pour comprendre la Bible, vous pouvez faire une recherche théologique, intellectuelle, ou lire la Bible tous les jours pendant cinquante ans.

N’y a-t-il pas des passages qui résistent malgré tout à la lecture et la compréhension ?

A. N. : Il y a des textes en effet moins accessibles. Il vaut mieux commencer par la Genèse ou l’Exode que par le Lévitique. Il faut prendre la Bible comme on entre dans une bibliothèque, avec une diversité de styles, d’approche. Cette richesse élargit la compréhension de Dieu. J’aime m’arrêter aux différents personnages, Abraham, Moïse, David, bien sûr, mais aussi aux figures plus secondaires comme Esther, Ruth ou Osée, parce que les différentes histoires dialoguent entre elles.

Quels seraient vos conseils pour une lecture proche, finalement, de la lectio divina des moines ?

A. N. : Le commentaire verset par verset a été une expérience de lecture inédite. J’ai procédé très simplement, pour me poser à chaque verset la question suivante : « Qu’est-ce que j’entends ? » Je m’efforçais de ne rien écrire pendant une demi-heure. Le texte s’ouvre et c’est une expérience de lecture qui dépasse le sens premier et l’analyse intellectuelle.

Je sais que, lorsque je reprends un passage de la Bible que j’ai déjà commenté, il va me dire autre chose. Je crois que la lecture régulière nous forge progressivement, nous façonne et nous fait entrer dans l’intelligence de Dieu. On dit que cette parole est « performative », elle a des effets sur le lecteur qui reçoit la parole dont il a besoin aujourd’hui.

N’y a-t-il pas différentes manières d’écouter ce texte, peut-être même dans la prédication ?

A. N. : Et même au théâtre ! Le comédien Gérard Rouzier a lu l’Évangile de Jean en scène : entendre le texte est encore une manière de le découvrir. Il anime des sessions et lors de l’une d’entre elles, il a proposé d’apprendre par cœur le Magnificat. L’une des participantes s’est arrêtée trois jours sur les deux premiers mots : « Mon âme »… La fréquentation régulière révèle la subtilité et la complexité du texte, ce qui est caché entre les lignes. Calvin disait : « De même que l’Esprit a inspiré les Écritures, l’Esprit inspire le lecteur. »

C’est le statut somme toute particulier du texte biblique qui nécessite une appropriation…

A. N. : Prenons l’expérience de la Pentecôte : les disciples ont parlé et chacun les entendait dans sa propre langue. C’est un miracle de la communication mais on peut difficilement imaginer que les disciples-émetteurs parlent plusieurs langues en même temps.

En revanche, côté récepteur, chacun les entend dans sa langue maternelle, c’est-à-dire la langue par laquelle j’ai reçu mon nom, dans laquelle j’ai appris à nommer le monde qui m’entoure. À la Pentecôte, j’entends une parole parmi les plus importantes qui ne m’ait jamais été dite dans ma langue.

Est-ce la raison d’une perpétuelle reprise des traductions ?

A. N. : L’exercice de traduction est bénéfique, pour travailler aujourd’hui le texte, et pas seulement à partir du grec ou de l’hébreu. Il m’arrive de lire des passages en anglais, ce qui oblige à prendre du temps pour comprendre le sens dans une langue que je ne maîtrise pas totalement. Les mots consonnent différemment. Ensuite, il y a des enjeux de traduction plus techniques, notamment en raison de la polysémie des mots, tout particulièrement en hébreu. Au début du livre de Job, sa femme lui dit : « Maudis Dieu et meurs ». Mais c’est peut-être « Bénis Dieu et meurs… »

Comment faire en sorte que les différentes versions ne déstabilisent pas le lecteur ?

A. N. : Le texte biblique est plus large que ce que nous pouvons en comprendre. Il n’y a pas une seule traduction : l’intérêt de l’étude est de se libérer d’une lecture dogmatique. Dans les années 1970, on opposait volontiers une lecture littérale à la démarche historico-critique, très stimulante intellectuellement.

Mais dans une dimension pastorale, d’aumônier d’hôpital par exemple, on n’a que faire des querelles exégétiques. « Enseigner à lire, telle serait la seule et la véritable fin d’un enseignement bien entendu : que le lecteur sache lire et tout est sauvé », disait Péguy (3).

La lecture de la Bible n’est-elle pas, en quelque sorte une perpétuelle découverte ?

A. N. : Il faut conjuguer un respect scrupuleux du texte en acceptant que chaque verset, chaque mot, chaque lettre puisse avoir une infinité de sens. Qu’il y ait des interprétations différentes doit enrichir la lecture et j’aime l’herméneutique rabbinique en perpétuel mouvement. Il n’y a pas une seule interprétation possible. Nul ne peut avoir la prétention d’épuiser le sens de la Bible.

(1) Lettre à mes enfants éloignés de l’Église pour leur raconter ma foi, Labor et Fides, 2023, 120 p., 15 €.

(2) La Bible, commentaire intégral verset par verset en six volumes, Éditions Olivetan/Salvator.

(3) Pensées, Gallimard.

Chaque jour, j'étudie la Bible !