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88. L’Amour inconditionnel

Nous sommes tous attachés à un certain nombre de valeurs essentielles à nos yeux. Elles nous ont été transmises dans nos familles, souvent. Elles nous rattachent à la tradition chrétienne, parfois.

J’entends cela souvent dans les demandes de baptêmes faites dans nos paroisses pour les enfants : « Nous souhaitons ainsi leur transmettre les valeurs de tolérance, de respect, de bienveillance… qui sont les nôtres… ».

Mais les principes évangéliques sont « personnifiés ». Ils diffèrent de simples valeurs morales, humaines ou religieuses, car ils décrivent la vie même de Jésus qui invite les hommes à s’identifier à lui, à l’imiter, le but étant de ressembler à Dieu : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48).

Vouloir vivre les valeurs évangéliques hors de l’imitation du Christ, sans marche quotidienne à sa suite, c’est un peu comme mettre des fleurs coupées dans un vase ; même si elles sont belles et attractives, rapidement, elles se faneront.

Pour redécouvrir l’enracinement de nos valeurs en Jésus, je vous propose dans cette étude biblique d’écouter à nouveau son enseignement et de le contempler. Il révèle en sa personne l’Amour inconditionnel.

TABLE DES MATIÈRES

I. APPELÉS À ENTRER DANS LE ROYAUME DE DIEU
= Un préalable : bien voir le cadeau offert
= Accepter le chemin de l’homme nouveau et ses persécutions

  1. Heureux les pauvres de coeur (v.3)
  2. Heureux les doux : ils auront la terre promise (v. 4)
  3. Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés (v. 5)
  4. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ils seront rassasiés (v. 6)
  5. Heureux les miséricordieux : il leur sera rendu miséricorde (v.7)
  6. Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu (v. 8)
  7. Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu (v. 9)
    = Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice… (vv. 10-12)
    = Le bonheur évangélique s’incarne dans la vie de tous les jours

II. POUR RAYONNER L’AMOUR INCONDITIONNEL DE DIEU

  1. La fraternité et la réconciliation (Matthieu 5, 21-26 ; Luc 12, 58-59)
  2. L’amour des ennemis (Matthieu 5, 43-48)
  3. Le refus de tuer les incroyants (Luc 9, 51-56)
  4. Le refus de la violence (Matthieu 26, 47-54)
  5. Le refus de la division et la recherche de l’unité (Ac 15, 1-35)
  6. Le pardon accordé aux meurtriers (Actes 6, 8-14 – 7,55-8,1)
  7. La rectitude des comportements (Luc 3, 7-8. 10-14)

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ÉMISSIONS

La lettre aux Galates 6

Catéchèse du pape François. 6 : Les dangers de la Loi

Frères et sœurs, bonjour !

La Lettre aux Galates rapporte un fait plutôt surprenant. Comme nous l’avons entendu, Paul dit qu’il a réprimandé Céphas, c’est-à-dire Pierre, devant la communauté d’Antioche, parce que son comportement n’était pas bon. Que s’était-il passé de si grave au point d’obliger Paul à s’adresser en termes durs même à Pierre ? Peut-être Paul a-t-il exagéré, a-t-il trop laissé place à son caractère sans savoir se retenir ? Nous verrons qu’il n’en est pas ainsi, mais qu’une fois encore la relation entre la Loi et la liberté est en jeu. Et nous devons revenir sur cela de nombreuses fois.

En écrivant aux Galates, Paul mentionne de manière voulue cet épisode qui s’était passé à Antioche des années auparavant. Il entend rappeler aux chrétiens de ces communautés qu’ils ne doivent absolument pas écouter ceux qui prêchent la nécessité de se faire circoncire et donc tomber « sous la Loi » avec toutes ses prescriptions. Rappelons que ce sont ces prédicateurs fondamentalistes qui sont arrivés là-bas et qui ont créé de la confusion, et ils ont également ôté la paix à cette communauté.  L’objet de la critique à l’égard de Pierre était son comportement dans la participation à table. La Loi interdisait à un juif de prendre ses repas avec les non juifs. Mais Pierre lui-même, dans une autre circonstance, était allé à Césarée dans la maison du centurion Corneille, tout en sachant qu’il transgressait la Loi. Il affirma alors : « Mais Dieu vient de me montrer, à moi, qu’il ne faut appeler aucun homme souillé ou impur » (Ac 10, 28). Une fois rentré à Jérusalem, les chrétiens circoncis fidèles à la Loi mosaïque réprimandèrent Pierre pour son comportement, mais il se justifia en disant : « Je me suis alors rappelé cette parole du Seigneur : Jean, disait-il, a baptisé avec de l’eau mais vous, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint. Si donc Dieu leur a accordé le même don qu’à nous, pour avoir cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour faire obstacle à Dieu ? » (Ac 11,16-17). Rappelons que l’Esprit Saint est venu à ce moment-là dans la maison de Corneille quand Pierre est allé là-bas.

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La lettre aux Galates 5

Catéchèse du pape François. 5. La valeur propédeutique de la foi

Frères et sœurs, bonjour!

Saint Paul, qui aimait Jésus Christ et qui avait bien compris ce qu’était le salut, nous a enseigné que les «enfants de la promesse» (Ga 4, 28) – c’est-à-dire nous tous, justifiés par Jésus Christ – ne sont pas sous le joug de la Loi, mais sont appelés à un style de vie exigeant dans la liberté de l’Evangile. Cependant, la Loi existe. Mais elle existe d’une autre manière: la même Loi, les dix commandements, mais d’une autre manière, parce qu’elle ne peut pas justifier par elle-même une fois que le Seigneur Jésus est venu. C’est pourquoi, dans la catéchèse d’aujourd’hui, je voudrais expliquer cela. Et nous nous demandons: quel est, selon la lettre aux Galates, le rôle de la Loi? Dans le passage que nous avons écouté, Paul soutient que la Loi a été comme un pédagogue. C’est une belle image que celle du pédagogue dont nous avons parlé au cours de la dernière audience, une image qui mérite d’être comprise dans sa juste signification.

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La lettre aux Galates 4

Catéchèse du pape François. 4. La loi de Moïse

Frères et sœurs, bonjour!

«Alors pourquoi la Loi ?» (Ga 3,19). Voilà l’interrogation que, en suivant saint Paul, nous voulons approfondir aujourd’hui, pour reconnaître la nouveauté de la vie chrétienne animée par l’Esprit Saint. Mais s’il y a l’Esprit Saint, s’il y a Jésus qui nous a rachetés, pourquoi la Loi? Aujourd’hui, nous devons réfléchir sur cela. L’Apôtre écrit: «Mais si l’Esprit vous anime, vous n’êtes pas sous la Loi» (Ga 5,18). En revanche, les détracteurs de Paul soutenaient que les Galates auraient dû suivre la Loi pour être sauvés. Ils revenaient en arrière. Ils étaient comme nostalgiques d’autres temps, des temps avant Jésus Christ. L’apôtre n’est pas du tout d’accord. Ce n’est pas dans ces termes qu’il s’était accordé avec les autres apôtres à Jérusalem. Il se rappelle bien des paroles de Pierre quand il soutenait: «Pourquoi donc maintenant tentez-vous Dieu en voulant imposer aux disciples un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n’avons eu la force de porter?» (Ac 15,10). Les dispositions prises à la suite de ce «premier concile» – le premier concile œcuménique avait été celui de Jérusalem et les dispositions prises par ce concile étaient très claires, et disaient: «L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d’autres charges que celles-ci, qui sont indispensables: vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes» (Ac 15, 28-29). Ce sont des choses qui touchaient le culte de Dieu, l’idolâtrie et qui touchaient également la façon de comprendre la vie de ce temps.

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La lettre aux Galates 3

Catéchèse du pape François. 3. Il n’y a qu’un seul Évangile

Frères et sœurs, bonjour!

Quand il s’agit de l’Evangile et de la mission d’évangéliser, Paul s’enthousiasme, il sort de lui-même. Il semble ne rien voir d’autre que cette mission que le Seigneur lui a confiée. Tout en lui est consacré à cette annonce, et il n’a aucun autre intérêt, si ce n’est l’Evangile. C’est l’amour de Paul, l’intérêt de Paul, le métier de Paul: annoncer. Il arrive même à dire: «Le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Evangile» (1 Co 1, 17). Paul interprète toute son existence comme un appel à évangéliser, à faire connaître le message du Christ, à faire connaître l’Evangile: «Malheur à moi – dit-il – si je n’annonçais pas l’Evangile!» (1 Co 9,16). Et en écrivant aux chrétiens de Rome, il se présente simplement ainsi: «Paul, serviteur du Christ Jésus, apôtre par vocation, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu» (Rm 1,1). Voilà quelle est sa vocation. En somme, il a conscience d’avoir été «mis à part» pour apporter l’Evangile à tous, et il ne peut rien faire d’autre que se consacrer de toutes ses forces à cette mission.

On comprend donc la tristesse, la déception et même l’ironie amère de l’apôtre à l’égard des Galates, qui à ses yeux prennent une mauvaise direction, qui les conduira à un point de non-retour: ils se sont trompés de route. L’axe autour duquel tout tourne est l’Evangile. Paul ne pense pas aux «quatre évangiles», comme nous le faisons spontanément. En effet, alors qu’il est en train d’envoyer cette lettre, aucun des quatre évangiles n’a encore été écrit. Pour lui, l’Evangile est ce qu’il prêche, ce qui s’appelle le kérygme, c’est-à-dire l’annonce. Et quelle annonce ? De la mort et de la résurrection de Jésus comme source de salut. Un Evangile qui s’exprime à travers quatre verbes: «Le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, il est apparu à Céphas» (1 Co 15, 3-5). C’est l’annonce de Paul, l’annonce qui nous donne la vie à tous. Cet Evangile est l’accomplissement des promesses et il est le salut offert à tous les hommes. Celui qui l’accueille est réconcilié avec Dieu, il est accueilli comme un véritable fils et obtient la vie éternelle en héritage.

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