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7. Logique démonstration du substrat araméen des évangiles

Il est des diasporas qui, confrontées à des enjeux d’intégration dans leurs pays d’accueil au motif de barrières linguistiques ou culturelles, sont entraînées dans un repli communautaire d’autant plus pénalisant qu’elles sont parfois enclines à cristalliser des tensions politiques ou religieuses importées de leur pays d’origine. Ce qui est une tendance trop souvent observée ces dernières années décennies… mais ce qui n’est absolument pas le cas de la diaspora araméenne – souvent appelée aussi syriaque ou chaldéenne – dont la quasi-totalité de nos concitoyens ignore même l’existence. Rares sont les araméens restés au Proche-Orient – passés de 1,5 million en 2003 à moins de 200 000 aujourd’hui – mais pour eux, comme pour ceux partis en Occident, leur grande force est de s’être maintenus dans « l’Évangile mis en œuvre. » Forte d’une tradition religieuse chrétienne bimillénaire, la diaspora araméenne essaie également de maintenir vivante la culture ainsi que la pratique des différents dialectes, perpétuant ainsi l’héritage linguistique.

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18. L’araméen, langue de Jésus

On sait que les Évangiles nous ont été transmis en grec. Mais quelle langue Jésus a-t-il parlé ? Pour répondre à cette question, vous pouvez lire les deux articles placés au début de cette étude : les langues à l’époque de Jésus, et les langues parlées par Jésus.

Vous comprendrez mieux alors le sens de l’enquête sur la recherche des traces de l’araméen dans les évangiles et le N.T. Elle permet d’étayer la réponse : Jésus, qui maîtrisait parfaitement l’hébreu, et parlait probablement un peu de grec comme tout le monde, utilisait très habituellement dans ses prédications sa langue maternelle : l’araméen.


TABLE DES MATIÈRES

PRÉLIMINAIRES
Les langues à l’époque de Jésus
Les langues parlées par Jésus

I. EXPRESSIONS
« Talitha koum [i] » = « Fillette, lève-toi ! » — Marc 5, 41
« Élôï, Élôï, lema sabakhthani ? » = « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » — Mc 15,34
« Maranatha » = notre Seigneur vient ou est venu — 1 Co 16, 22
« Ephphata » = « Ouvre-toi donc ! » — Mc 7,34
« Raka » = crachat… — Mt 5,22
« Rabbouni » = (mon) grand maître — Mc 10, 51 et Jn 20,16

II. LES NOMS DONNÉS À DIEU ET AU CHRIST
« Abba » = mon Père, Père chéri, Papa — Mc 14, 36 ; Rm 8, 15 ; Ga 4, 6
« Iêsous » = Jésus — Mt 1,21 ; etc.

III. NOMS DONNÉS AU DIABLE ET À L’ENFER
« Satanas » [Satan] = l’Adversaire — Mt 4,10 ; Mc 4,15 ; Lc 10,18 ; etc.
« Mamon » = (dieu de) la Richesse — Mt 6, 24 ; Lc 16, 13

IV. NOMS PROPRES DE PERSONNES HUMAINES
« Kêphas » [Céphas] = roc, pierre, rocher — Jn 1, 42 ; 1 Co 15, 5 ; Ga 2, 19
« Boanêrges » = fils de la colère — Mc 3,17
« Mariam » [Marie] = maîtresse, dame élevée — Jn 20,16
« Martha » [Marthe] = maîtresse, dame puissante — Lc 10, 38 ; Jn 11, 1
« Sapphira » [Saphire] = belle, gracieuse — Ac 5,1
« Tabitha » = gazelle, biche — Ac 9,36
« Bar-Abbas » = fils du père — Mt 27, 16-17 ; Mc 15, 7 ; Lc 23, 18 ; Jn 18, 40
« Bar-Iôna » = fils de Jonas — Mt 16, 17
« Bar-Iêsous » [Bar-Jésus] = fils de Jésus/Josué — Ac 13,6
« Bar-Nabas » [Barnabé] = fils de prophète — Ac 4,36 ; 9,27 ; etc.
« Bar-Sabbas » = fils du sabbat (ou de l’élevé, du vieux) — Ac 1,23 ; 15,22
« Bar-Tholomaïos » [Barthélemy] = fils de Tolmaï — Mt 10, 3 ; Mc 3, 18 ; Lc 6, 14 ; Ac 1, 13
« Bar-Timaïos » [Bartimée] = fils de Timée — Mc 10, 46

V. NOMS PROPRES DE LIEUX
« Gabbatha » = élévation — Jn 19,13
« Geth-sémani » = cuve/pressoir des huiles — Mt 26, 36 ; Mc 14, 32
« Golgotha » = crâne, lieu sphérique — Mt 27,33 ; Mc 15,22 ; Jn 19,17
« Hakel-dama » = le champ du sang — Ac 1,19
« Magdala » = tour, grande construction — Mt 15,39 ; cf. Mt 27,56 ; Jn 19,25 ; etc.
« Cana » [Qânâh] = roseau, canne — Jn 2, 1 ; 4, 46
« Galilaïas » [Galilée] = cercle, district — Mt 2, 22 ; etc.

VI. MOTS DU VOCABULAIRE LITURGIQUE
« Hosanna » = « Sauve donc ! » — Mc 11,9
« Paskha » [Pâque] = passage — Mt 26,18
« korbanas » [corban] = offrande religieuse, sacrifice, oblation — Mt 27, 6 ; cf. Mc 7, 11

VII. LES MOTS HÉBREUX DU N.T.
« amên » [amen] = « C’est d’accord ; oui, vraiment ; ainsi en est-il ! » — Mt 5, 18 ; 6, 2 ; etc.
« allêlouia » = « Louez Dieu ! Louange à Dieu ! Joie en Dieu ! » — Ap 19,1,3,4,6
« rabbi » = maître, mon maître — Mt 23, 7 ; Mc 9, 5 ; etc.
« messias » [messie] = oint, consacré, christ — Jn 1, 42 ; 4, 25
« Emmanouêl » [Emmanuel] = Dieu avec nous — Mt 1, 23 ; cf. Ap 21, 3
« Bêthléem » = maison du pain — Mt 2,1 ; Lc 2,4 ; etc.
« Béel (ou Baal)-zéboul » = maître du logis, maître princier — Mt 12, 24 ; etc.
« Iaïros » [Jaïre] = Il fait luire — Mc 5, 22 ; Lc 8, 41

CONCLUSION — Jésus s’adapte

Annexe : L’araméen n’a pas écrit son dernier mot


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