Dieu « n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre », a déclaré le pape Léon XIV lors de l’homélie du 29 mars 2026, à l’occasion de la messe des Rameaux, premier temps de la Semaine Sainte. Le pape a souligné comment, pendant toute sa Passion, le Christ est « chargé de nos souffrances et transpercé pour nos fautes ».
« Il n’a pas pris les armes, Il ne s’est pas défendu, Il n’a mené aucune guerre », a-t-il insisté, montrant le « doux visage de Dieu, qui refuse toujours la violence, et au lieu de se sauver lui-même […] s’est laissé clouer sur la croix ». «Voici notre Dieu : Jésus, Roi de la paix. Un Dieu qui refuse la guerre, que personne ne peut invoquer pour justifier la guerre, qui n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre ».
Ces paroles claires et limpides du pape m’ont donné envie d’aller regarder plus précisément la façon font Jésus a fait face à la violence. Je propose dans cette étude biblique un regard sur le Jésus « matthéen », un parcours dans l’évangile selon saint Matthieu. Celui-ci contient les paroles sur la montagne (Mt 5-7) et cette parole décisive à l’adresse de Pierre : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » (Mt 26, 52).
Cessons de mettre l’A.T. au même niveau que le N.T. Ce parcours souligne une fois de plus la progressivité de la Révélation, jusqu’à son étape définitive, qui est la personne même de Jésus… « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5,17).
CONTENU
I. JÉSUS : UNE VIE JALONNÉE PAR LA VIOLENCE
La violence dans les récits de l’enfance
La généalogie de Jésus
Le massacre des enfants de Bethléem
Un lien entre le récit de l’Enfance et celui de la Passion
Les traces de violence dans le récit évangélique
La violence contre les disciples
La violence contre Jean-Baptiste
La mort de Jésus comme aboutissement de la violence
Le Royaume assailli par la violence
La continuité d’une tradition prophétique
II. LA VIOLENCE DIVINE DANS LES PAROLES DE JÉSUS
La question de la rétribution violente de Dieu
La violence rétributive du Dieu du Jésus matthéen
Les nuances à apporter pour bien comprendre
III. LA MORT DE JÉSUS EST LA FIN DE LA VIOLENCE DE DIEU
Le consentement à la violence sans appel à la vengeance
Les traces d’un passage à un monde nouveau
IV. LE SANG DU JUSTE COMME SIGNE DU DÉPLACEMENT
Le sang, signe du jugement, signe du pardon
À chacun de prendre sur lui ce sang d’une manière nouvelle
V. LES PAROLES SUR LA MONTAGNE EXPRIMENT LE VRAI VISAGE DE DIEU
La fin de la logique du talion
La fin de l’image violente et rétributive de Dieu
CONCLUSION. BIENHEUREUX LES ARTISANS DE PAIX, CAR ILS SERONT APPELÉS FILS DE DIEU
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